Face au risque d'hécatombe de la population d'oiseaux en pleine période de reproduction, conséquence inéluctable de l'abattage de 1876 arbres et de l'élagage 1813 autres, au bois de Cergy, les Verts ont demandé, par courrier de Marc Denis du 8 mai dernier, le report de ces travaux après la période de nidification.
Pas encore de réponse à ce jour, mais un article paru dans Le Parisien d'hier rend toutefois compte d'une réaction de la communauté d'agglomération. Sans que soit précisé l'auteur de ces paroles impérissables, le journal reproduit les propos suivants, cités entre guillemets :
"Il n'y a pas de raison particulière à ce retard; Les travaux débuteront le 25 mai pour environ deux mois. Il s'agit d'un bois d'agrément destiné à la promenade et non d'un espace sauvage. Aujourd'hui, nous devons assurer la sécurité des promeneurs car plus on attend, plus il y a le risque d'un accident".
Alors, face à de telles énormités, il devient nécessaire de préciser quelques points :
1. Pas de raison au retard.
Le marquage des arbres à couper ou à élaguer a été effectué en octobre 2008, comme l'indiquaient les panneaux d'information qui précisaient la date des travaux de coupe : janvier-mars.
Sauf que, pour cela, il aurait fallu que la communauté d'agglo aie passé en temps utile un marché avec l'entreprise qui effectuera ces travaux.
L'appel d'offres (Opération d’abattage et d’élagage - Travaux forestiers sécurisation du bois de cergy - réf. 08D32000) a bien été publié le 17 décembre 2008, la date limite de remise des offres étant le 23 janvier 2009. Mais le 19 janvier 2009, un appel d'offres rectificatif était mis en ligne, qui publiait un nouveau DCE (dossier de consultation des entreprises), au motif que : "Le DCE a été modifié : des plans ont été joins" (sic)...
En outre, l'acheteur s'accordait 120 jours (quatre mois !) au-delà de la remise des offres pour prendre sa décision...
Vous avez lu "urgence" ?
Et le marché (qui prévoit, de toutes façons, des délais d'exécution) n'a ainsi été attribué que le 2 avril 2009, donc, déjà, au-delà de la période - déjà limite- prévue pour la coupe...
2. "Un bois d'agrément et non un bois sauvage".
Certes, le bois de Cergy n'est pas une forêt primaire.
Mais ce n'est pas un aménagement urbain créé avec la ville nouvelle ! Ce bois lui préexistait ; et au récent PLU, il est classé en SNB (Secteur naturel boisé).
L'opposition, créée ici pour les besoins de la cause, entre un "bois d'agrément" et un "bois sauvage" ne permet tout de même pas de faire croire que, comme sur un espace d'agrément artificiel, on peut modifier n'importe quoi à n'importe quel moment.
La défense de la biodiversité, affichée dans les objectifs de l'agenda 21 de l'agglo, suppose a minima de prendre en compte les populations existantes et leurs rythmes naturels.
Une mauvaise maitrise des dossiers de marchés publics et une incapacité à prendre une décision administrative en temps utile ne sauraient constituer des raisons valables pour saccager à contre-temps les habitats d'une faune en pleine période de reproduction !
3. La sécurité des promeneurs.
Si le bois de Cergy est réellement dangereux, il l'est depuis des mois, sinon des années.
Et nous n'en aurions pas été informés ? Nous étions libres de nous y promener, inconscients du danger qui nous guettait ? Diverses manifestations festives s'y déroulaient alors que la sécurité des visiteurs était menacée ? Je n'ose croire à une telle irresponsabilité !
Heureusement, tel ne semble pas être le cas...
Et donc un report à l'automne de ces travaux, nécessaires mais dévastateurs pour la faune en période de reproduction, ne devrait pas poser de problème grave.
Sauf, sans doute, d'éventuels dédommagements pour le titulaire du marché ; que les services responsables des retards ayant provoqué le dépassement de la période favorable l'assument.
A suivre...
(P.S. du 18 mai: merci, Martine, du coup de main - voir ici )
Bonsoir,
Désolé, j'ai fait une fausse manoeuvre : le bois de Cergy est malade parce qu'il est mal géré depuis des années; l'effet de la sécheresse de 2003 a été aggravé par la destruction du sous bois : ronces, orties, lianes etc... le soleil a pénétré jusqu'au sol et a désséché encore un peu plus ce sol alluvial qui ne retient pas l'eau.
De plus, si on confie un espace naturel à des élus, ils n'ont de cesse de le transformer en PARC et de le dénaturer...
Si des personnes sont intêressées par une action, je suis preneur c.chignardet@aliceadsl.fr
Rédigé par : Chignardet claude | 03 juin 2009 à 17:45
Bonsoir,
le problème du bois de Cergy est beaucoup plus profond que les aspect ponctuels de la nidification ou ...
Rédigé par : Chignardet claude | 03 juin 2009 à 17:36
Merci de cette observation.
Effectivement, j'ai été surpris qu'un DCE puisse être remplacé trois jours avant la date limite de remise des offres (qui n'a, pour autant, pas été reportée).
Comment les éventuels soumissionnaires peuvent-ils prendre en compte les nouveaux éléments (ici: rien de moins que l'ajout de plans qui ne figuraient pas dans le dossier original!) pour établir leur offre dans des délais aussi brefs ?
Si aucune donnée publique ne permet d'étayer l'hypothèse de "tractations politico-commerciales", ces modalités curieuses ne peuvent que venir l'alimenter.
Rédigé par : Toupidek | 17 mai 2009 à 18:01
C'est quoi ce nouveau DCE du 19 janvier 2009 ? Un copain s'est aperçu qu'il était hors délai ou bien l'émetteur de cet appel d'offre est vraiment ignare et fait des actes administratifs non conformes ??? Dans tous les cas on est au bord de quelque chose de pas net... ON NE NEGOCIE PAS AVEC LA PLANETE. SI LE BOIS EST DANGEREUX IL FAUT LE FERMER MAIS LE RESPECT DE LA NATURE DOIT PASSER AVANT LES TRACTATIONS POLIOTICO-COMMERCIALES.
Rédigé par : PERRIN Alain | 17 mai 2009 à 00:17